Prévention du cancer colorectal, cancer du côlon et du rectum : agir en amont
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la prévention primaire des cancers comme l’action visant à éviter l’exposition aux agents cancérogènes. Les principaux facteurs de risque qui conduisent aux cancers du côlon et du rectum sont l'alimentation, le tabagisme, une vie sédentaire, l'obésité et la consommation d’alcool.
La prévention secondaire consiste à diagnostiquer la maladie à son stade le plus précoce : grâce au dépistage. Le dépistage du cancer colorectal concerne deux types de populations :
- les personnes ayant un facteur héréditaire, avec un gène identifié
- et les personnes âgées de 50 à 74 ans, dans le cadre du dépistage organisé mis en place par l'Assurance maladie.
En dehors de ces deux situations, certains symptômes (selles dans le sang, maux de ventre persistants ou perte importante de poids) doivent conduire à consulter votre médecin traitant pour une orientation.
Dans le dépistage des cancers colorectaux, la coloscopie joue un rôle clé en permettant la détection de pré-tumeurs à un stade précoce et le retrait des polypes avant leur transformation en cancer.
Facteurs environnementaux et risque du cancer colorectal
Quels sont les risques environnementaux qui favoriseraient les cancers du côlon et du rectum et que nous connaissons en l'état actuel de la science ?
- Pollution de l’air (PM2,5, NO₂)
Une exposition chronique à la pollution atmosphérique, même en deçà des normes, augmente le risque de cancer colorectal, notamment chez les personnes de plus de 65 ans - Amiante
L’ingestion ou l’exposition à l’amiante, classée cancérogène avéré, est associée à un risque accru de cancers digestifs, dont le cancer colorectal - Pesticides et autres contaminants chimiques
L’exposition professionnelle ou résidentielle à certains pesticides, comme l’atrazine ou le glyphosate, est fortement suspectée d'augmenter le risque de cancer colorectal. - Alimentation déséquilibrée
Une consommation excessive de viandes rouges et transformées favorise le développement du cancer colorectal, tandis qu’un régime riche en fibres, fruits et légumes exerce un effet protecteur
Les autres facteurs de risque à surveiller pour le cancer du colorectal
Des risques liés à nos comportements sont également identifiés :
- Surpoids et obésité : En 2015, selon les données de l'Institut national du cancer, 5,4 % de l'ensemble des nouveaux cancers diagnostiqués en France étaient attribuables à un excès de poids, notamment les cancers du sein et colorectaux. L’insulinorésistance expliquent en partie ce sur-risque.
- Sédentarité : Chaque tranche de deux heures supplémentaires passées assis par jour augmente le risque de cancer colorectal de 4 à 7 %. Une activité physique régulière (modérée à intense) peut réduire ce risque de 18 à 29 %.
- Tabac & alcool : Le tabagisme et une consommation alcoolique importante sont des facteurs aggravants majeurs, même en association, multipliant significativement le risque de cancer colorectal.
Les facteurs héréditaires et les maladies chroniques
Les cancers colorectaux peuvent également être causés par des :
Prédispositions familiales : Moins de 5 % des cas de cancer du côlon et du rectum sont liés à des mutations héréditaires (syndrome de Lynch, polypose adénomateuse familiale). Un antécédent familial peut multiplier le risque de survenue d'un cancer par 2 à 3.
Maladies inflammatoires chroniques (MICI) : Maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique nécessitent une surveillance renforcée en raison du risque accru de transformation maligne.
Le Centre Léon Bérard propose une consultation d’oncogénétique permettant d’identifier et de proposer un suivi aux familles à risque.
Plusieurs gènes sont impliqués dans les formes familiales et font l’objet d’analyse en biologie moléculaire (hMSH2, hMLH1 et hPMS2) Les formes héréditaires sont :
- Le cancer colique héréditaire non sur polypose ou syndrome CCHNP ou HNPCC, également appelé syndrome de Lynch
- Les polyposes adénomateuses familiales ou PAF
Pour en savoir plus, consulter le site de notre Centre de prévention.
- Les chiffres clés du cancer colorectal
Le dépistage organisé du cancer colorectal : un outil clé
Le dépistage s’adresse aux personnes de 50 à 74 ans, homme et femme, tous les 2 ans. Il s'agit d'un test d'immunochimie fécale simple à réaliser chez soi. Il est disponible auprès de votre médecin, dans certaines pharmacies ou est envoyé à domicile.
La coloscopie pour dépister le cancer colorectal
Si le test d'immunochimie fécale réalisé est positif, une coloscopie est prescrite.
Elle va permettre non seulement de détecter les polypes mais aussi de les retirer immédiatement, réduisant ainsi significativement le risque de développement d’un cancer.
Le Centre Léon Bérard vient de se réaménager un de ses blocs opératoires et a acquis trois endoscopes de dernière génération. Il dispose de trois salles dédiées à l'endoscopie digestive, une pour les anesthésies locales, deux pour les anesthésies générales. Notre établissement est le seul à proposer une activité d’endoscopie diagnostique sans dépassement d’honoraires.
La coloscopie : examen clé de prévention pour le cancer du colorectal
La coloscopie est réalisée sous anesthésie par un gastro-entérologue. Elle permet :
- de détecter les polypes à un stade précoce
- de les retirer immédiatement
- de confirmer ou écarter un diagnostic de cancer colorectal
En plus du dépistage organisé, une coloscopie est recommandée :
- en cas de symptômes suspects (sang dans les selles, douleurs abdominales persistantes, troubles du transit)
- en présence d’antécédents familiaux
- pour le suivi des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin
LES QUESTIONS QUE L'ON SE POSE SUR LE CANCER COLORECTAL
- LES QUESTIONS SUR LE CANCER COLORECTAL
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Un moyen de prévenir le cancer colorectal
Un des meilleurs moyens de prévenir le cancer colorectal est de pratiquer une activité physique régulière et une alimentation équilibrée. Pendant la maladie, le service des soins de support du Centre Léon Bérard peut vous aider dans ces démarches.
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Cancer colorectal : quelle prévention et quel dépistage ? Les réponses de l'expert, le Dr Cattey Javouhey
À l’occasion de Mars Bleu, nous avons posé 3 questions au Dr Anne Cattey-Javouhey, gastro-entérologue et cancérologue au Centre Léon Bérard, au sujet du cancer colorectal, de sa prévention et de son dépistage.
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